Vers le Nord — Going North

Vers le Nord — Going North

Chers amis, (English below)

Je vous écris depuis Lyon. Tant de choses se sont passées depuis le mois passé qu’il est difficile de savoir par où commencer.

Après la conférence à Favignana, j’ai eu le sentiment d’être arrivé au bout du premier chapitre. Je voyais les journées se raccourcir, mes amis faire leurs valises. Après réflexion, j’ai décidé d’en faire autant.

Ma situation était devenue très précaire, un épuisement général commençait à se faire sentir. J’avais besoin d’une pause, de m’installer quelque part pour passer l’hiver — le vélo en décembre, c’est quand même moins fun. Rejoindre la France, et Lyon en particulier, me paraissait alors être la meilleure option. Pourquoi Lyon? Aucune idée, juste une intuition.

J’ai embarqué sur un ferry pour la Sardaigne, traversé l’île du sud vers le nord, avant de reprendre un bateau pour Toulon. Entre le froid, le budget extrêmement serré et les nuits entourées de sangliers, ce fut intense. Mais j’ai aussi fait de très belles rencontres, la nature était époustouflante, et après tout, je n’avais pas quitté la Belgique pour être confortable.

Arrivé à Lyon, c’était de nouveau l’inconnue totale. Je ne connaissais personne et j’avais très peu d’argent. Mais par la grâce — après dix jours à déambuler dans les rues et à dormir en dortoir — j’ai signé un contrat à temps partiel comme livreur à vélo de fruits et légumes chez Les paniers de Nicolas. Hasard, me direz-vous ? Je ne crois pas.

Il est assez difficile de se réadapter à une vie « normale » après avoir dérivé si longtemps, mais j’en avais besoin. Et, dans l’ensemble, je me sens bien. Je voyais les grandes villes comme l’enfer sur terre, mais étonnamment, Lyon me fait du bien. La ville respire et, artistiquement, je vois de belles opportunités se dessiner.

Je continuerai à partager des nouvelles mensuelles sur ce groupe, car l’aventure se poursuit. Même s’il y aura moins de kilomètres parcourus dans les mois à venir, je suis convaincu que j’aurai tout autant de belles choses à vous raconter et à vous partager dans cette ville que je découvre depuis maintenant deux semaines.

Je tiens aussi à adresser un remerciement tout particulier à mon frère, qui m’a accompagné ces dernières semaines à travers tous ces tumultes. Sans lui, tout cela aurait été bien plus compliqué.

Je vous souhaite déjà de joyeuses fêtes!
À bientôt

———

Dear friends,

I’m writing to you from Lyon. So many things have happened over the past month that it’s hard to know where to begin.

After the conference in Favignana, I had the feeling that I had reached the end of a first chapter. I watched the days grow shorter, my friends pack their bags. After some thought, I decided to do the same.

My situation had become very precarious, and a deep, general exhaustion was beginning to set in. I needed a pause — a place to settle for the winter. Cycling in December is, after all, far less fun. Heading back to France, and Lyon in particular, seemed like the best option. Why Lyon? I have no idea — just an intuition.

I boarded a ferry to Sardinia, crossed the island from south to north, then took another boat to Toulon. Between the cold, an extremely tight budget, and nights spent surrounded by wild boars, it was intense. But I also met wonderful people, the landscapes were breathtaking, and after all, I hadn’t left Belgium to be comfortable.

Arriving in Lyon meant stepping once again into the unknown. I didn’t know anyone and had very little money. But by some stroke of grace — after ten days wandering the streets and sleeping in hostels — I signed a part-time contract as a bicycle delivery rider for fruit and vegetables with Les Paniers de Nicolas. A coincidence, you might say. I don’t think so.

Readjusting to a “normal” life after drifting for so long isn’t easy, but I needed it. And overall, I feel good. I used to see big cities as hell on earth, yet surprisingly, Lyon does me good. The city breathes, and artistically, I can see many opportunities beginning to take shape.

I’ll continue sharing monthly updates with this group, because the adventure goes on. Even if there will be fewer kilometers covered in the months ahead, I’m convinced I’ll have just as many beautiful things to tell you and share with you in this city I’ve been discovering for the past two weeks.

I’d also like to offer a very special thank-you to my brother, who has stood by me through these past weeks of upheaval. Without him, all of this would have been far more complicated.

I already wish you all joyful holidays!
See you soon

S'abonner à Nulle part où poser sa tête

Ne manquez aucune édition. Inscrivez-vous pour accéder à l'ensemble des éditions réservées aux abonnés.
jean.martin@exemple.com
S'abonner